Grandir hypersensible : mon chemin pour apprivoiser la fatigue et l’hyper-empathie:
Je suis hypersensible.
Ultra-sensitive même.
Avec ce que l’on appelle aujourd’hui un profil THPI.
Mais quand j’étais enfant, personne ne mettait de mots là-dessus.
Je savais seulement une chose : le monde entrait en moi trop fort.
Et cela a toujours été ainsi.
J’ai des souvenirs très anciens, peut-être autour de trois ans.
Je me souviens déjà de cette sensation étrange : percevoir le mal-être de certains enfants autour de moi, sans comprendre toujours ce qui se passait. Ressentir leurs émotions comme si elles traversaient directement mon propre corps.
Entendre des sons que personne n’entendait. Voir des détails auxquels nul de prêtait attention. Détester le contact physique avec certaines matières.
Je me souviens aussi du décalage.
Comme si je regardais le monde depuis un endroit légèrement différent.
Les autres semblaient simplement vivre les choses.
Moi, je les ressentais.
Tout. Mais en plus fort.
J’étais cette enfant aux yeux souvent cernés malgré une bonne hygiène de vie.
Les lieux bruyants m’épuisaient. Les groupes me déstabilisaient.
Je ressentais tout de façon décuplée.
Une petite tristesse devenait un océan de larmes.
Une joie se transformait en feu d’artifice.
Ma vie émotionnelle ne ressemblait pas aux collines tranquilles de la Comté du Hobbit.
C’était plutôt un paysage d’abysses et de montagnes pointues.
Pas de ruisseau tranquille.
Plutôt des cascades bruyantes.
Un regard de travers, un mot un peu sec… et tout mon univers intérieur basculait. Je n’interprétais pas. Je recevais en plein coeur.
Une interaction avec une personne triste ou en colère, et mon ciel devenait orageux. Les émotions des autres prenaient tellement de place que je n’avais plus l’espace de me connaître moi-même.
Pour les autres, j’étais « la fille dans la lune ».
« celle qui parle comme un livre ».
« celle qui rit toujours à contretemps ».
« celle qui pleure pour tout et rien »
Et moi ?
Je me sentais simplement comme le vilain petit canard.
Et surtout… très fatiguée. Débordée de tout. Tout le temps.
Je nageais dans un brouillard mental continu. Dans une boue d’émotions permanentes, que seules la peinture et l’écriture me permettait d’exprimer.
Le Cerveau Lièvre et le Corps Tortue
J’aimais faire du sport. Le mouvement me faisait du bien.
Mais la plupart du temps, j’étais lente, presque lymphatique.
Mes nuits étaient agitées. Les rêves semblaient brassés par le monde extérieur.
Je passais aussi de longues heures en vigilance, endurante et silencieuse, à observer les changements d’humeur autour de moi.
Mon corps avançait lentement parce que mon esprit, lui, courait déjà partout.
Mes réactions arrivaient souvent tard.
Comme si elles devaient traverser les couches émotionnelles des autres avant de pouvoir apparaître en pleine lumière.
Avec le temps, j’ai compris pourquoi.
Une partie de mon énergie était enfouie sous des tonnes d’énergies tierces.
Alors les foules, le bruit, les grands groupes…
Tout cela me semblait inaccessible.
Pourtant, la vie m’a appris autre chose.
On peut apprivoiser cette sensibilité.
On peut même en faire une force.
Mais cela demande un chemin.
Voici quelques clés qui ont profondément changé ma vie.
Comment j'ai dépassé mon hyper sensibilité et mon hyper empathie
1 . Apprendre à me percevoir de l’intérieur
La première étape a été simple en apparence : apprendre à me ressentir.
Cartographier mes émotions. Les nommer. Identifier les situations qui les déclenchaient. Peu à peu, j’ai appris à distinguer ce qui venait de moi… et ce qui appartenait aux autres.
Certains livres m’ont aussi aidée à comprendre les dynamiques de prédation énergétique. La Prophétie des Andes a été une vraie révélation à l’époque ; elle m’a ouvert les yeux sur les jeux subtils d’influence auxquels je participais sans le savoir. Les systèmes de prédation, d‘échange d’énergie….
À partir de là, quelque chose a commencé à changer dans ma manière de me relier aux autres.
2. Cultiver une position intérieure plus neutre
Quand on est hypersensible, on a tendance à être soit trop engagé, soit complètement en retrait. J’ai appris à développer cette troisième voie : observer, recevoir l’information, la laisser passer. Sans me précipiter dans l’interprétation. Etre en relation de façon « neutre »
Les Quatre Accords Toltèques ont été une boussole précieuse : ne pas faire de suppositions, ne pas prendre les choses personnellement. Cela paraît simple… mais pour un empathe, c’est un art à part entière.
3. Prendre du temps seule et Revenir régulièrement au silence
Pour soutenir ce mouvement intérieur, j’ai aussi dû réapprendre à être seule.
Pour comprendre qui j’étais vraiment, j’avais besoin de silence.
Du vrai silence. Sans écran, sans sollicitation. Ces moments sont devenus des espaces précieux pour me reconnecter à moi-même.
J’ai découvert l’écriture intuitive : une manière de déposer les émotions, de décharger le mental, de décrypter ce qui se joue à l’intérieur. C’est aussi dans ces instants que ma pensée véritable venait frapper doucement à la porte.
4. Sortir des boucles de culpabilité
En avançant sur ce chemin, j’ai réalisé à quel point je portais le poids des autres sur mes épaules.
Longtemps, j’ai porté le poids des relations. Comme si j’étais responsable de tout : des tensions, des malentendus, du mal-être des autres. Apprendre à lâcher cette responsabilité a été libérateur.
Aujourd’hui, j’accepte que les silences, les pauses et parfois même la distance fassent partie du lien. Je n’ai plus besoin d’être le pansement émotionnel du monde entier.
J’ai pris conscience bien en même temps que je portais le costume du sauveur, et que je me trouvais souvent dans des triangulations vampiriques. Les situations de triangle dramatique nous font littéralement perdre notre énergie. (Un phénomène que je décrit dans un article consacré aux fatigues invisibles et à la fatigue du sauveur )
5. Être dans le corps, vraiment
Tout cela m’a naturellement amenée à revenir dans mon corps.
Mon corps est devenu un allié plutôt qu’un champ de bataille. Massages, bains, respiration consciente, Qi Gong, Wutao, yoga, danse sacrée : autant de portes d’entrée pour réintégrer l’énergie plutôt que la fuir.
J’ai également appris à respecter mes limites sensorielles : éviter les lieux saturés de sons, de lumières, de sollicitations. Et surtout, ne pas insister quand mon système nerveux demande grâce.
6.Respecter les limites du système nerveux
En parallèle, j’ai compris que mon système nerveux avait besoin d’une véritable écologie intérieure.
L’hypersensibilité demande aussi une hygiène de vie spécifique.
Chaque journée offre un certain capital d’énergie : la fameuse “méthode des petites cuillères” le décrit très bien.
L’enjeu, c’est d’apprendre à ne pas le dilapider inutilement. Accepter de se retirer, de dire non, ou simplement de faire une pause . Sans culpabilité. Il y a des moments où il vaut mieux se retirer plutôt que lutter. C’est une forme d’écologie intérieure.
7. Pratiquer la pleine conscience
Peu à peu, une autre pratique s’est imposée comme essentielle : celle de la présence.
Ralentir la pensée. Respirer. S’ancrer. Habiter son corps.
Relativiser…
Cette prise de conscience m’a permis de tendre un miroir mental : les énergies passent, mais ne s’accrochent plus. Le Pouvoir du moment présent a renforcé cette pratique, en m’apprenant à revenir sans cesse ici, maintenant.
8. Développer une position d’écoute consciente
J’ai appris à écouter sans absorber, à accueillir sans chercher à corriger, à répondre sans puiser dans mes réserves. Ce que certains appellent une position “basse” en coaching : rester alignée dans mon axe, enracinée, disponible mais non poreuse.
Cela change tout : la compassion devient plus juste, et l’énergie circule sans se disperser.
Et surtout, dans l‘écoute consciente, on ne prend rien « au pied de la lettre ». On n’entre pas dans le débat. On écoute le fond. C’est un des grands principes de la communication non violente.
Cette position amène souvent à observer la chose suivante : lorsque quelqu’un parle… il parle souvent de lui. Même quand il s’adresse à toi. Cette compréhension change beaucoup de choses. C’est un peu comme tendre mentalement un miroir : les énergies passent, mais ne s’accrochent plus.
(cqfd :sans cela, je n’aurais jamais pu devenir l’accompagnante d’aujourd’hui….)
9. Reconnaître et honorer ses besoins fondamentaux
Sur ce chemin, une étape décisive a été de reconnaître la légitimité de mes besoins.
J’ai appris à reconnaître mes besoins fondamentaux.
À les valider intérieurement.
À y répondre, sans culpabilité.
J’ai compris que certains besoins n’étaient pas secondaires :
- mon besoin d’harmonie : (dans les sons, les couleurs, les espaces, les relations) ;
- le besoin de nourriture intellectuelle, de profondeur et de sens.
- un besoin de délicatesse et de douceur
- le besoin de sincérité et d’authenticité
Exactement au même niveau que Boire – Manger -Dormir et Etre en Sécurité …..
Pour mettre en place des tunnels et des filtres
Parmi mes besoins fondamentaux, il en était un que j’ignorais : le besoin de simplicité.
Comme tous les hypersensibles, mon cerveau a une tendance naturelle à percevoir en profondeur, avec un sens du détail accru. Il ne fait aucun tri. Il ne hiérarchise aucune information entrant. Il ne permet pas d’avoir une concentration exclusive sur une conversation dans un environnement bruyant, une étude approfondie du pot de crème fraiche dans un rayon d’hypermarché froid et trop lumineux… Bref. Au quotidien, cela peut devenir très compliqué.
Il fallait que j’entraine mon cerveau à filtrer les informations entrantes.
Aujourd’hui, je hiérarchise les informations que je prends en compte, quitte à passer à côté d’un détail.
Cela me permet notamment de créer un canal unique, un entonnoir énergétique qui filtre le monde extérieur quand je souhaite me concentrer sur une conversation au milieu d’un environnement hyper chargé.
Non seulement je me rends pleinement disponible pour la personne, mais en plus, cela m’évite de me charger de tout ce qui est autour de moi. Les stimuli, les informations, les émotions, les charges énergétiques.
10 . Recharger régulièrement mon énergie
En parallèle, j’ai commencé à nourrir consciemment ce qui recharge vraiment mon système.
J’ai aussi appris à nourrir ce qui me fait du bien.
la musique, la guitare, le chant, la peinture, la lecture, la nature, la rêverie avec un casque sur les oreilles. Ces moments sont mes batteries de secours, mes infusions d’âme. Ce sont mes indispensables de régénération.
Pour moi, ce sont plutôt des activités calmes et solitaires; De l’Air et de l’Eau. Parce que c’est ma nature profonde.
Je sais que d’autres se régénèrent d’avantage dans le mouvement (Feu) ou dans le bricolage ou le jardinage (Terre). Tout dépend de notre sensibilité d’origine.
Faire le chemin d’identifier ce qui recharge l’énergie, ce qui régénère, est une étape fondamentale pour solidifier son axe vertical. C’est revenir à l’origine de qui on est vraiment. Au départ. Avant que notre espace intérieur ne soit colonisé par le monde extérieur.
Pour un hypersensible ou un empathe, cette clé est particulièrement précieuse.
11. Créer le cercle sacré
Au fil du temps, une image forte s’est imposée à moi : celle d’un espace sacré à l’intérieur.
Il y a eu un travail essentiel : celui du cercle sacré. j’ai compris l’importance de créer un espace intérieur protégé. Un sanctuaire énergétique dans lequel je peux rester centrée, alignée, sans absorber tout ce qui passe autour.
C’est le cœur invisible de mon équilibre : un “cercle sacré”, un sanctuaire invisible, que je trace mentalement chaque fois que le monde devient trop bruyant.
Ce cercle sacré est une technique que je transmet maintenant régulièrement en séances. Les bénéfices que j’observe chez mes consultants sont quasiment immédiats : énergétiquement, mais aussi socialement.
12. Apprendre à ralentir
Et puis, comme une évidence, une dernière clé est venue coiffer toutes les autres : ralentir.
Cela peut sembler paradoxal, mais pour une hypersensible, ralentir est une forme de guérison. Ne plus courir après tout, laisser la vie respirer à travers moi.
Car au fond, la lenteur n’est pas une faiblesse : c’est une danse subtile avec le temps, celle qui permet d’entendre à nouveau le murmure du dedans.
Respirer.
S’ancrer.
Habiter son corps.
Mon hypersensibilité est ma boussole,
Aujourd’hui, cette hypersensibilité que je vivais comme un fardeau est devenue une boussole.
Elle me permet de percevoir les mouvements subtils de l’énergie, les tensions invisibles, les charges émotionnelles que beaucoup de personnes portent sans même savoir qu’elles les portent.
Pendant longtemps, je croyais simplement être « trop sensible« .
Avec le temps, j’ai compris que cette sensibilité était aussi une capacité de lecture du vivant.
C’est ce qui me permet aujourd’hui d’accompagner les personnes qui se sentent épuisées, saturées, ou envahies par les émotions des autres.
Avec finesse. Lucidité. Bienveillance.
Parce que je connais ce chemin.
Je sais ce que c’est que de porter trop.
Et je sais aussi qu’il est possible d’apprendre à vivre autrement avec cette sensibilité.
La sensibilité n’est pas une faiblesse.
C’est une puissance qui demande simplement d’être apprivoisée.
Tu sens que mon histoire et mon parcours t’interpellent,
je peux t’accompagner à faire de ton hypersensibilité et de ton empathie débordante des alliées sur ton chemin.
Si tu veux prendre un rdv, c’est par ici


